Infini est un récit perpétuel, dont les deux bouts mènent vers le centre. On y suit des morts et des vivants, des êtres qui meurent et renaissent ailleurs... Suivant le sens de lecture, on verra une naissance ou une inhumation. Pour tout percevoir, il faudra reprendre le livre à rebours, comme les mourants repassent le fil de leur vie. Dans ce songe en eaux fortes aux interprétations infinies, un bébé devient adulte à la surface visible des choses, tandis que son jumeau, mort très jeune, erre sous la forme d'une araignée dans une vie souterraine.
L'un cherche la guérison, le lieu qui lui permettra d'échanger avec l'au-delà. L'autre, privé de matérialité, erre en quête du même lien, et de sa réincarnation. Leurs trajectoires se rejoignent au centre du livre, centre du monde des vivants et des morts. Chez Coché l'alchimiste, tout se redéfinit sans cesse et recommence, comme lorsque nous nous évaporons, bulles ou idées sans épaisseur terrestre, vers un monde idéal, pour prendre racine ailleurs.
Des cités mortuaires de Rome aux gravures de Piranèse, Coché croise des références dont nous parviennent les images muettes, tisse une méditation sur les blessures que les morts laissent en nous, sur la transformation des êtres et des choses.